Pièces de réemploi moto : la filière s’organise
Réemploi obligatoire de 40% du poids des 2-roues en fin de vie
Une législation qui favorise le recyclage des pièces
Depuis le 1er octobre 2024, la loi oblige à réemployer 40 % du poids des motos et scooters en fin de vie en pièces de réemploi. En conséquence, les acteurs s’organisent comme c’est déjà le cas dans l’automobile depuis de nombreuses années.
C’est l’éco-organisme Recycler Mon Véhicule qui est en pôle position pour aider la filiale à s’organiser. Financée par les constructeurs de motos via l’écocontribution et agréée par le ministère de l’Écologie, l’association a plusieurs objectifs. D’une part, lutter contre les réseaux illégaux de récupérations d’épaves ; comme les affiches au feu rouge et d’autre part en s’assurant que les taux de réemploi de pièces et de recyclages arrivent aux objectifs légaux.
« L’un des enjeux de notre organisme, c’est la remontée de données fiables », me confirme Vanessa Montagne, la directrice générale Recycler Mon Véhicule. Dans la moto, c’est 40 % du poids de la moto qui devra être réemployé d’ici 2028. Un défi qui lui semble possible, car, sur les 77 000 deux et trois-roues qui vont en destruction administrative chaque année, seulement 11 000 ne sont pas réemployables. Si la filière deux-roues à une décennie de retard sur l’automobile, elle va plus vite à s’organiser : « des centres génériques vont se qualifier pour démanteler les deux roues et il y a une quinzaine de centres spécialisés déjà opérationnels », m’explique-t-elle. Mais une fois en stock, comment ne pas faire dormir les pièces sur étagère ?
Obligation de proposer deux devis
Pour que le réemploi trouve preneur, c’est le client final qui doit être bien informé. Si la loi oblige les professionnels à proposer deux devis, dont un avec pièce de réemploi, l’habitude n’est pas toujours prise. Aujourd’hui, seules 2 % des réparations utilisent des pièces de réemploi. « C’est obligatoire, mais le font-ils vraiment ? » me lance Fabian Ageneau de la société Surplus Moto, qui démonte et revend des pièces de réemploi. L’entreprise agréée VHU (véhicules hors d’usage) voit une vraie opportunité dans cette nouvelle législation, mais n’a pas vu d’effet sur son activité de pièces qu’ils appellent « reconditionnées ».

Chez Accimoto, aussi centre spécialisé dans le désassemblage et la vente de pièces, on se réjouit que les choses bougent : « c’est très bien que le niveau d’exigence monte pour le contrôle des pièces », m’explique Tarek Hamam, l’un des dirigeants, « le problème, c’est qu’actuellement, il n’y a aucun label pour garantir les conditions des tests ». Le consommateur devra donc faire confiance à son atelier pour choisir un reconditionneur fiable et proposant une garantie.
Le secteur est aussi accompagné par les assureurs qui « demandent de plus en plus de certifications, mais aussi de RSE, de féminisation de nos métiers ». Accimoto, aussi agréé VHU, collabore avec plus de 15 compagnies d’assurance pour obtenir des véhicules en procédure RSV (économiquement irréparable). « On fait cohabiter une obligation légale avec une obligation morale : nous payons cher le recyclage des batteries électriques de l’ordre de 8 à 9 € pour celles au lithium », développe Richard Mandrin, directeur général. Avec les objectifs légaux pour 2027 et 2028, l’entreprise espère que la charge financière concernant ces batteries va baisser.
Remontage de véhicules d’occasion
Si plusieurs acteurs sont déjà bien implantés dans la pièce de réemploi, plusieurs sont aussi assembleurs de véhicules d’occasion. Lorsque les parties maîtresses du véhicule (cadre) sont indemnes, l’atelier peut remettre en état le véhicule et le revendre. « Remonter des véhicules d’occasion, c’est nouveau pour nous et notre atelier sera bientôt opérationnel », me confirme Dylan Froger du Refert, autre acteur du démontage et de la vente de pièces de réemploi. Mais comment être certain du niveau de qualité du reconditionnement ? Si le véhicule est en procédure RSV, un expert doit passer, mais sinon, seul le contrôle technique donne quelques garanties à l’acheteur.
Plus d'infos sur les pièces de réemploi
- Site : www.recyclermonvehicule.fr
- Site : www.surplusmotos.com
- Site : www.accimoto.com
- Site : www.refert.fr
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Commentaires
"Remontage de véhicules d'occasion", c'est mon cas en ce moment suite à l'achat en octobre d'une moto remise sur le marché via une casse.
04-03-2026 08:28Un conseil, bien choisir ta moto mais c'est aussi un peu la loterie.
De fait je démonte depuis un mois la moto pièce par pièce et je vérifie et contrôle tout. Je me suis fait une liste longue comme le bras car on ne peut pas aveuglément faire confiance.
D'un autre coté cela occupe mais j'ai calculé que cela va m’entraîner jusqu'à la fin de cette année voir plus.