Essai moto Suzuki GSX-8TT
Moto vintage réussie, prix trop salé
Bicylindre en ligne de 776 cm3, 82,9 ch et 78 Nm, 203 kg, réservoir de 16,5 litres, 11.599 euros
Dès le premier coup d’œil, la Suzuki GSX-8TT séduit. Conçue sur la base du roadster GSX-8S, l’inspiration vintage des années 70 fait mouche jusqu’au moment de sortir le porte-monnaie.
Peut-on dissocier la moto de son prix, comme l’homme de l’artiste ? Aujourd’hui non, mais demain oui. Sur le papier, le seul défaut de la GSX-8TT est son prix. Mais pour la trouver d’occasion dans quelques années, il faut qu’elle se vende aujourd’hui…

L'essai vidéo de la Suzuki GSX-8TT
Découverte
Une GSX-8TT, c’est une GSX-8T avec une tête de fourche, un sabot moteur et une peinture bi-ton moto – jantes. Dit comme ça, ce n’est pas intéressant et pourtant, ça change énormément la moto. On entrevoit le phare rond par une ouverture carrée aux airs de Suzuki Katana et l’écran de bord est caché sous le saut de vent intégré. Le sabot moteur habille significativement le bloc et les jantes rouges de la version noir et rouge finissent de me donner envie de signer un bon de commande.

Pour l’anecdote, c’est le français Arthur Vidal qui est à l’origine du design. Non, il ne travaille pas au Japon, mais à Milan. Et, oui, il s’est inspiré pour les modèles 8T et 8TT des lignes Suzuki des années 70. Par rapport à sa cousine, le roadster GSX-8S, la 8TT change complètement de style avec un réservoir de 16,5 L (+ 2,5 L par rapport à la 8S), un habillage complètement revu, une batterie lithium et des carters moteur noirs. On doit reconnaître que, dans la production actuelle, on manque de roadsters habillés d’une tête de fourche et c’est précisément pour cette raison que la GSX-8TT fait mouche avec sa silhouette unique.

En selle
Perché à 810 mm du sol, la selle de la 8TT est 5 mm moins rembourrée que sa sœur la 8T. Le confort est légèrement en baisse, mais on se trouve toujours dans une position confortable, plutôt droite, avec un guidon qui sied à mon envergure et mon mètre 80. L’ergonomie est parfaite, les commodos accessibles et simples avec une belle impression de qualité dans les surfaces comme dans le clic des boutons. Le seul reproche qu’on pourrait faire à cette plateforme est la hauteur des repose-pieds.

L’écran de bord, TFT couleur de 5 pouces mutualisé sur de nombreux modèles Suzuki n’a pas changé. On aurait aimé une interface plus jolie pour cette moto à l’esthétique travaillée. Pragmatisme japonais oblige, on trouve toutes les informations d’un coup d’œil, ainsi que les modes de conduite (non disponibles en version A2) ainsi que le réglage des 3 niveaux de contrôle de traction et sa désactivation qui peut se faire en roulant. Outre les informations habituelles, la moto affiche la tension de batterie ainsi que la consommation moyenne et l’autonomie restante estimée. Détail supplémentaire, une prise USB-C est présente de série.

Départementales
Un roadster, fût-il habillé, a toujours les départementales comme terrain de jeu favori. La GSX-8TT ne fait pas exception puisque la partie cycle permet de rouler absolument vite, de bien freiner et de s’inscrire en virage d’une façon très naturelle. C’est la force principale de cette moto, c’est qu’on ne se bat pas avec. Elle nous emmène sans peine, avec un confort plus que raisonnable, sans effet cheval à bascule et surtout avec style.

Le moteur, un bicylindre de 776 cm3 calé à 270° est le plus attachant de la production. Non seulement son calage lui apporte de la vivacité, mais, en plus, sa conception avec deux balanciers d’équilibrages équidistants du vilebrequin et placés à 90° l’un de l’autre lui offre de la rondeur. Oui, il ne fait « que » 83 ch et pas 95 ch comme certains blocs concurrents, mais son couple max arrive à 6 500 tr/min et il offre des bas et mi-régimes réjouissants et c’est de loin ça qu’on préfère sur un bicylindre. Ajoutez à cela une injection bien pensée et une réaction à la poignée électronique bien calibrée et vous arrivez à une moto vraiment plaisante à piloter. Oui, elle atteint facilement les 100 °C de température d’eau malgré les températures tempérées, mais les normes Euro 5+ sont de plus en plus strictes.

L’une des particularités de cette tête de fourche, c’est le canal d’air qui remonte depuis le phare. Il permet d’éviter les remous et ballottements verticaux sur le casque, induits par le cockpit en équilibrant le flux d’air. À l’essai, il est vrai qu’on sent une pression homogène, donc effet réussi, mais aussi très variable en fonction du casque porté et du gabarit de pilote. En un mot : non, la GSX-8TT ne protège pas mieux que la GSX-8T.
En ville
L’accès au sol est bon, la moto est maniable même si elle engage légèrement à basse vitesse et les commandes sont douces. En somme, cette Suzuki sera à l’aise en ville, mais sa chauffe rapide et son shifter désagréable à bas régime et en faible charge resteront les points à surveiller pour une utilisation urbaine intense.

Autoroute et voies rapides
Comme tout roadster, la GSX-8TT n’est pas une moto d’autoroute. Cependant elle offre une stabilité parfaite à haute vitesse malgré l’absence de protection. Pour le voyage, il faudra faire attention aux remontées d’eau dans le dos qui vous mouilleront très rapidement à cause d’une boucle arrière assez courte.

Partie cycle
Acier et boucle arrière amovible, on retrouve le même châssis que sur toutes les autres GSX-8. Une conception elle aussi réussie et épaulée par un bras oscillant en aluminium. L’empattement de 1 465 mm rend la moto bien stable au détriment du « fun », comprenez par-là que ce n’est pas la plus encline à faire des roues arrières et c’est bien comme ça.
L’ensemble de suspensions signées Kayaba offre uniquement un réglage de précharge sur l’amortisseur. Leur accord est bon même si leur débattement est limité. Le confort est présent, même sur chaussées dégradées à l’exception des grosses compressions rapides et la moto offre une bonne tenue de route pour mes 70 kg. Bien sûr, pour les pilotes plus lourds ou plus rapides, un changement d’amortisseur s’imposera.

Freinage
Rien à dire, le système de freinage est bien calibré. Les deux étriers à fixation radiale qui pincent les disques avant font un travail remarquable sans nous mettre les dents dans le guidon à l’attaque. Merci la pompe diagonale au levier (réglable de série) qui offre progressivité et puissance quand on le sollicite vraiment. L’ABS n’est pas trop intrusif, encore qu’avec les pneus d’origine sur le mouillé, on ne fait pas trop le malin…
La course de la pédale du frein arrière est un peu longue à mon goût, mais il reste efficace pour resserrer une trajectoire ou assoir la moto. En somme, la base est là, et, pour les plus fondus, il suffira d’y mettre des plaquettes racing et une pompe radiale.

Confort / duo
Le duo n’a malheureusement pas pu être testé. Comme tous les roadsters, il devra rester anecdotique à moins d’y installer un dossier. En tout état de cause, la selle n’est pas si petite et les ingénieurs de Suzuki indiquent dans le dossier de presse avoir étudié la distance hanches – repose-pied du passager. La réalité, c’est que la GSX-8TT est une moto sur laquelle on a envie d’installer un capot de selle !

Consommation
Au départ de notre essai, la moto affichait 256 km d’autonomie avec 4/5 du réservoir. Rentrés après 104,7 kilomètres, le tableau de bord indiquait 4,1 L/100 km. Il faut dire que nous avons roulé principalement sur du mouillé ou du séchant, donc très cool ! Cohérente, l’autonomie affichée était alors de 156 km. En moyenne, comptez entre 4 et 5 L/100 km pour ce moteur qui est donné pour 3,5 L/100 km sur sa fiche technique.

Conclusion
La GSX-8TT a une silhouette unique, un châssis rigoureux et facile avec lequel on peut rouler vite et un moteur attachant… En somme, une bonne et belle moto ! Mais quel est le hic ? Son prix ! À partir de 11 599 €. Plus chère qu’une XSR 900, avec un cylindre et 40 chevaux de moins… Bref. Cette Suzuki est en face de toutes les concurrentes de sa sœur la 8T, mais avec encore moins de chances vu son prix plus élevé. Mais le cœur du motard fonctionne aussi au look, et, si vous décidez de craquer, alors l’offre LOA à 157 € par mois avec 20 % d’apport (2 320 €) pourra vous aider à mettre la tête dans le sable. Sinon, attendre quelques mois pour bénéficier d’une promo est un bon pari : la GSX-8S de 2025 vendue 9 299 € est en ce moment proposée sur le site officiel Suzuki à 7 999 € ! À bon entendeur…

Points forts
- Design singulier
- Bien finie
- Moteur attachant
Points faibles
- Prix fou
- Pneus d'origine
- Shifter à bas régime
- Remontées d'eau dans le dos
La fiche technique de la Suzuki GSX-8TT
Conditions d’essais
- Itinéraire : 104 kilomètres de départementales sinueuses dans les environs de Ljubljana (Slovénie).
- Météo : entre 16 ° C et 22 °C entre chaussées séchantes, averses et quelques parties sèches.
- Problème rencontré : Aucun. La moto avait 1432 km à l’odomètre.
Disponibilité/prix
- Coloris : noir avec jantes rouges ou vert avec jantes dorées
- Prix : à partir de 11 599 €
Équipements et accessoires
| De série | Optionnel |
|---|---|
|
|
Équipement essayeur
- Casque intégral Arai Quantic
- Gants Five RS3 Denim
- Blouson Helstons Walk
- Jean Vanucci VUT-1
- Chaussures Helstons Messenger




Commentaires
Ce (petit) moteur est effectivement une réussite. Je me régale au quotidien avec la déclinaison GSX (8R) du châssis.
18-12-2025 18:02Et oui aussi, j'ai changé immédiatement la monte pour du Road 6, pour donner ce qui lui manquait encore pour devenir un jouet vachement sympa. Au point de délaisser les autres brêles du garage !
Bref : chapeau Suzuk !!
V
Très jolie déclinaison de la 8S!
18-12-2025 19:20Je ne vous comprend pas, 11.599¤ c'est trop chère pour une moto réussie, par contre cela ne vous dérange pas de voir une Bmw R 12S au moteur plus qu'amorti affichée à 22.990¤ !
18-12-2025 19:31Mais qu'est ce que j'en à faire quelle soit plus chère qu'une XSR900 de 40ch plus puissante; la belle affaire sur nos routes réglementées!
C'est par contre bien plus gênant qu'elle soit plus lourde que la xsr.
18-12-2025 20:25Elle a une bonne bouille de roadster classique hormis l'arrière.
Ce qui choque surtout c'est le décalage entre les 8000 ¤ demandés par une 8S et les 3600 ¤ supplémentaires demandés pour cette 8TT.
18-12-2025 22:53Car à part l'habillage , il n'y a aucune différence.
Cela dit , pour avoir essayé une 8S et comparé avec ma BMW 800 GS d'occasion (moteur 900cc) , je garde ma BM , dont le moteur est non seulement bien plus vif , mais aussi nettement plus coupleux !
Mais c'est vrai qu'elle frime nettement moins ................
La XSR 900 est tellement plus...laide !!!
19-12-2025 06:12C’est une des belles motos que j’ai vu chez Suzuki. Elle fait son effet et donne envie de partir avec. La politique tarifaire fait penser à du marketing pour les nuls avec un prix gonflé pour proposer des « promos » qui remettent le produit dans les prix du marché mais bon. Ça reste une bécane qui se distingue.
19-12-2025 09:01C'est une très belle moto, si l'inspiration est vintage, dommage que le moteur n'ai pas profité d'une présentation plus soignée, on est plus proche du fouillis habituel de Yamaha que du soin apporté par Kawasaki à sa 900RS... La politique de "promos" est un désastre pour le marchè de l'occasion.
19-12-2025 10:28
Bahh... si... pourquoi pas? 19-12-2025 10:35Je suis d'accord. Autant la 8T est assez insipide autant celle-ci est vraiment réussie je trouve.
19-12-2025 10:49Ca ne fait pas trop plastique bas de gamme, du moins en photo.
Mais c'est vrai que c'est le prix par rapport au reste de la gamme qui détonne. Ca donne vraiment l'impression de payer le style très cher.
Je suis d'accord Luch. C'est pour cela que dernièrement j'ai pris la 900rs alors que je n'étais pas du tout parti sur ce modèle à la base.
19-12-2025 10:56Il y a même de fausses ailettes de refroidissement, c'est dire la qualité perçue 🤣
Après tout, Kawa a fait le même coup entre la Z900 et la Z900RS... et ça semble avoir marché
19-12-2025 11:20Dommage de ne pas avoir étendu le carénage de boucle arrière, ça aurait été plus harmonieux et limité sensiblement les projections. Mais bon, presque plus personne ne sait dessiner des arrières de motos...
Dommage aussi de ne pas avoir osé les compteurs à aiguilles, quitte à essayer de mettre un écran quelque part si c'est indispensable... mais au moins une vraie aiguille de compte-tours ça aurait été top, non?
Edit, question: est-ce que le tête de fourche ne serait pas également en option? La verte présentée en statique à coté de la noire en est dépourvue: je serais très très étonné qu'elles soient aux mêmes prix!
MAttLe Moutard : sauf que chez Kawa , ils ne se sont pas contentés de changer juste la robe : le moteur (aspect et caractéristiques) , l'échappement , les roues , le tableau de bord ...bref , elle est revue de fond en comble , et le différentiel est de 3000 ¤ "seulement" .....
19-12-2025 11:42Oui ludo, c'est justement ce qui m'a plu.
19-12-2025 12:24Et le moteur par ailleurs a un ressenti différent par rapport à la z900 standard.
Le couple est plus tôt et ca donne un autre visage à la moto.
Inex la verte aussi a sa tête de fourche. Une illusion d’optique ou c’est moi ?
19-12-2025 12:40Comme inextenza, je trouve l'arrière raté et j'y inclus le sabot moteur qui aurait gagné à être plus discret.
19-12-2025 13:36Comme inextenza, je trouve l'arrière raté et j'y inclus le sabot moteur qui aurait gagné à être plus discret. A voir en vrai mais là comme ça....
19-12-2025 13:39Meuldor:

19-12-2025 14:23https://www.suzuki.co.jp/release/b/2025/0704/img/img01.jpg
(site: suzuki.co.jp donc à priori pas trop mal fiable
La verte est un GSX8-T , facturée 10900 ¤ soit 700 ¤ de moins pour un sabot et un tête de fourche en moins ...
19-12-2025 15:16Merci

19-12-2025 15:39Un T à 700¤, j'espère qu'il est bien préparé
Je la trouve très jolie, mais pour aller au bout du concept en cohérence avec le neo rétro, il aurait fallu mettre aussi de beaux compteurs à aiguilles et quelques pièces valorisantes (alu, du cuir), et à ce moment là je pourrais comprendre un tel tarif…
20-12-2025 10:53Après quand on voit les prix des Nine T, dans la même approche, on peut se dire que ce n’est pas si cher. Il semblerait que nous sommes prêts à accepter des tarifs dingues chez bm ou harley, et pas chez Suzuki ou d’autres japonais: je ne suis même pas sûr que l’argument de fiabilité ou de finition puisse justifier cela : la magie du marketing ou what else? 😉
Pas preneur ! Un roadster de plus qui manque de polyvalence pour en faire une routière. Toujours une perche porte-plaque disgracieuse, une selle inconfortable bien mince pour aligner les kilomètres, pas de coffre pour ranger un minimum vital sue la route (kit anti-crevaison, gilet jaune, quelques outils...), un écran trop petit, etc... Beaucoup de travail à Suzuki pour la rhabiller en routière pour les "commuters".
21-12-2025 18:57C'est une '' néo rétro vintage '' bien ratée.. Ou sont les pots chromés ? Les roues à rayons ? C'est une horreur, surtout vu le tarif qui fait fuir vers les Chinoises...!
31-12-2025 12:41