Essai moto électrique Maeving RM2
L’Anglaise électrique qui se bonifie avec le temps
Moteur moyeu sans balai, jusqu'à 15,1 ch et 261 Nm, 130 km d'autonomie, 145 kg, 9.495 euros
La Maeving RM2, inconnue et pourtant une moto électrique qui a du potentiel : batteries amovibles, look anglais vintage, petit coffre fermé et légère comme un vélo. La petite Anglaise a-t-elle vraiment tous les atouts pour peupler les rues de nos métropoles ?
Maeving, c’est une petite marque anglaise qui aime dire que ses motos sont fabriquées outre-Manche. Si l’entreprise a débauché des cadres importants de chez Triumph et fabrique ses motos sur le territoire britannique, elle est évidemment obligée de sourcer certains composants en Asie, l’Europe de l’Ouest étant devenu un désert industriel. Avec sa RM1 puis la RM1S, la marque a fait parler d’elle sur internet avec un look rétro réussi, assez unique dans le monde des motos électriques. Avec sa RM2, la marque propose (enfin !) une selle pour le passager, la possibilité d’un top-case et une prise Type 2 (sans charge rapide) sur son chargeur externe de 1,5 kW.

L'essai vidéo de la Maeving RM2
Découverte
Chez Maeving, on fait simple. Déjà, c’est plus joli et c’est aussi moins cher. Le cadre tubulaire en acier entoure le bloc batterie et supporte le bras oscillant, le fourche télescopique est « standard » et un faux réservoir fait office de coffre. Visuellement, c’est particulièrement réussi. Le compartiment batterie est en métal, les ouvrants sont ajustés, on sent que l’usage du plastique est limité. Seul l’espace vide sous la selle peut paraître un peu disgracieux à l’œil de certains : « il manque un truc, non ? », me demande un ami à qui je montre une photo. Pour moi qui aime ce côté aérien, ce n’est pas un tue-l’amour.

Les roues à rayons renforcent le style, mais obligent la moto à être équipée de pneus à chambre à air. J’apprécie particulièrement l’ambiance générale, mais, vue de trois quarts avant gauche, on remarque un bloc plastique très disgracieux juste au-dessus du phare. La prise du compteur ! Pas sûr qu’ils auraient laissé passer ça chez Triumph… Un saut de vent sera impératif pour masquer ça, mais il n’existe pas au catalogue !

Quand on rentre dans les détails des finitions, c’est plus hétérogène : certaines choses sont très réussies, comme les câbles haute tension intégrés dans une gaine métallique tressée ou les garde-boues longs (aussi disponibles en carbone). D’autres choses, comme les leviers et maîtres-cylindres de frein, sont clairement pris sur étagère. Idem pour les commodos - sobres par ailleurs - qui sont identiques en aspect à ceux de ma Husqvarna de 2012. Autant vous dire que tout n’a pas été développé sur mesure pour cette machine à piles. Au regard du prix, on peut tiquer, mais au final, l’ensemble est visuellement cohérent et rien ne jure. Malgré ses petits défauts un peu « cheap » pour l’œil expérimenté, la machine jouit d’un capital sympathie indéniable.

En selle
Au guidon, l’ambiance néo-rétro continue. Le faux réservoir abrite une trappe bien intégrée qui s’ouvre au commodo gauche. On peut alors accéder au coffre qui peut contenir le chargeur, des gants et d’autres petites babioles. On pourra difficilement y rentrer un ordinateur, mais c’est tout de même l’un des coffres les plus logeables sur une moto électrique de la catégorie, si ce n’est le plus grand ! Une prise USB-C est disponible à l’intérieur. Si ce n’est pas vraiment prévu, on pourra se charger en roulant en passant le câble jusqu’au guidon via le joint de la charnière.

Intégré dans une instrumentation ronde, le compteur à aiguille indique la vitesse tandis qu’un petit écran LCD se charge d’afficher le pourcentage de batterie, l’odomètre et le mode de conduite. Si l’usage d’un LCD peut sembler rétro, l’analogique ajoute au charme du modèle. Pour moi, c’est parfait, pour les plus geeks, c’est insuffisant.

Parce que nous sommes tatillons, notre seul regret est le placement de la serrure du contact. Très proéminente, elle jure par son placement à gauche du compteur. De plus, d’après nos informations, la moto ne dispose pas d’une puce antidémarrage, désormais un standard chez les grandes marques, même sur les petites cylindrées.
En ville
Agile, très légère comme la RM1S, la RM2 bénéficie d’une position un peu plus naturelle et d’un réservoir plus court. On a le dos plus droit, la position est plus reposante et en conséquence plus adaptée à la ville. Avec son gabarit, on se faufile discrètement, le rayon de braquage est suffisant et les deux freins au guidon en font une moto facile à manœuvrer si on doit mettre le pied à terre. L’ABS est aux abonnés absents, ce qui limite la confiance sur les chaussées mouillées, mais le gabarit du véhicule rend la zipette contrôlable pour les plus expérimentés. Cela manque tout de même pour le quotidien.

Moins pratique qu’un scooter, la RM2 rivalise pourtant avec ce dernier par sa facilité de conduite et de prise en main. Disposant pour la première fois d’un top-case de 30 litres en plus d’une sacoche latérale, elle dispose de véritables arguments pour tous les jours. Le coffre logeable peut largement contenir le chargeur externe.
Voies rapides
La petite RM2 n’a pas une conception de moto rapide, mais elle s’est montrée capable d’accrocher un petit 110 km/h compteur poignée dans l’angle, sur le plat. Les reprises à partir de 90 km/h ne sont pas aussi molles qu’anticipé, mais la puissance reste modeste avec 11,1 kW (15 ch) en crête et 7,2 kW (10 ch) en puissance nominale. On se sort facilement d’un trafic à 90 km/h, mais sur une 4 voies qui circule bien, on se sent frêle comme une 125. Ça tombe bien, c’en est l’équivalent. Notons que Maeving annonce une autonomie qui tombe à 91 km en mode S (Sport). L’essai trop rapide n’a pas permis de tester l’autonomie en conditions réelles.

Départementales
C’est possiblement sur les départementales que la RM2 se sent le mieux. Entre ville et périurbain, un petit bout de voie rapide à 110 km/h puis le réseau secondaire sera un excellent terrain de jeu ou de quotidien. Stable et rassurante, la RM2 est dotée d’éléments de suspension confortables, comme la selle qui colle avec une conduite souple. Le freinage est relativement bien dimensionné pour le gabarit et le poids, mais le système CBS n’est pas digne du reste de la moto. En matière d’étriers et de plaquettes, qui peut le plus peut le moins !

Châssis
Simple, le châssis de la RM2 est pourtant critiqué par certains connaisseurs : « une fourche de vélo », ai-je pu entendre de la part d’un confrère. Il est vrai que les éléments ne sont pas particulièrement prestigieux sur le papier, le cadre tubulaire est basique, la fourche aussi, la conception est simple. Mais pourtant, la RM2 est bien conçue et pèse 145 kg en ordre de marche.

Malgré des éléments de suspension simples, on trouve du confort au détriment d’une rigueur absolue. En phase avec le style de la meule. Même si les débattements de suspension sont modestes (110 mm à l’avant et 80 mm à l’arrière) l’ensemble couplé à la selle offre une moto sur laquelle on ne souffre pas du trajet, ce qui mérite d’être mentionné pour de l’électrique, souvent trop ferme. Notre modèle d’essai était en outre équipé des amortisseurs optionnels K-tech, mais les amortisseurs d’origine de la RM1S nous ont laissé un souvenir plus que correct compte tenu de l’usage relax.
Freinage
C’est le point d’amélioration qu’on repère sur la fiche technique avant même d’essayer la moto : elle est équipée du CBS. Un système de freinage combiné qui freine à l’avant et à l’arrière simultanément via un répartiteur. Pas d’ABS, donc, n’étant pas obligatoire sur les 125 cm3 et équivalents. Dommage, la marque se prive d’un élément de sécurité indispensable pour un véhicule urbain. Au vu du placement haut de gamme de la RM2, l’absence d’ABS dénote une volonté de faire des économies. Dommage…

Pour le reste, le répartiteur 40 % AV et 60 % arrière est pertinent. Il faudra tout de même faire attention aux peintures de marquages au sol qui se révèlent particulièrement glissantes sur le mouillé avec les pneus d’origine. Nous avons bloqué la roue avant sur une chaussée trempée avec un peu trop de facilité.
Confort / duo
Si le duo est bien l’une des plus-values du modèle RM2, nous n’avons pas pu le tester de façon très étendue. La selle est toutefois accueillante et presque au même niveau que le pilote. Le duo sera donc aisé et le passager dispose d’une selle accessible. Plus pratique, le top-case pourra faire office de dossier, mais sur une si jolie moto, c’est presque dommage…

Batteries, consommation et recharge
Difficile à estimer sur un si court essai, la RM2 est donnée pour 91 km en mode Sport (WMTC) et jusqu’à 145 km en mode 1 (limité à 70 km/h). Avec deux batteries de 2,73 kWh chacune (16,5 kg par batterie), on embarque 5,46 kWh d’énergie qui alimentent le moteur intégré à la roue.
Amovibles, on peut facilement les retirer grâce à leur poignée. Avec 16,5 kg chacune, on ne les remontera pas tous les jours sans ascenseur, mais la possibilité de les charger chez soi ou sur la moto est un vrai plus pour ceux dont le garage n’est pas équipé de prise. Chaque batterie est décorée avec un petit plaquage bois, un détail qui fait plaisir.

Le chargeur fourni se branche directement sur la moto ou sur une batterie à la fois. Un « dock » est disponible pour charger simultanément les deux batteries à la maison. À l’autre bout, on le branche sur une prise domestique 230 V ou en prise Type 2. Les deux câbles sont fournis par la marque, mais la puissance de charge reste de 1,5 kW. Maeving annonce le 20-80 % en 2h30, le 20-100 % en 4 heures et la recharge complète de 0 à 100 % en 6 heures. Des temps de charge qui restent raisonnables, car les batteries sont relativement « petites ».
Conclusion
Il y a deux types d’urbains : ceux qui veulent un véhicule complètement utilitaire, quitte à faire une croix définitive sur le style en s’achetant un scooter, voire un 3-roues (horreur !) et de l’autre côté, ceux qui circulent avec de jolies motos, car l’image, ça compte. La Maeving s’adresse aux seconds, ceux qui veulent de la coquetterie, mais aussi de la praticité avec un coffre fermé et des batteries amovibles, le tout dans une jolie moto légère et au coût de possession très bas. Disponible immédiatement pour 9 495 €, le prix reste élevé pour un véhicule de cette catégorie et devrait se justifier par la présence d’ABS et d’éléments plus haut de gamme. Est-ce que, pour une Maeving, la coquetterie n’a pas de prix ?

Points forts
- Look d’enfer !
- Silence, confort, maniabilité
- Chargeur compact Type 2 et secteur
- Batteries amovibles
- Biplace
Points faibles
- Absence d’ABS
- Absence de chargeur rapide embarqué
- Gabarit très léger
La fiche technique de la Maeving RM2
Conditions d’essais
- Itinéraire : 25 kilomètres sur chaussée humide, voire détrempée, en ville et en périphérie, y compris sur voie rapide.
- Météo : nombreuses averses…
- Problème rencontré : Aucun.
Disponibilité/prix
- Coloris : rouge, noir
- Prix : 9 495 €
- Disponibilité : octobre 2025
Équipements de la Maeving RM2
| De série | Accessoires |
|---|---|
|
|
Équipements essayeur
- Casque Arai Quantic
- Gants Five RS3 Denim / Five TFX4
- Blouson Revt’it Eclipse
- Jean Vanucci
- Chaussures Helstons Messenger




Commentaires