Histoire constructeur : Indian
Entre ombre et lumière
Le seul véritable concurrent américain de Harley-Davidson nait en 1901 de l’association d’Oscar Hedström, ingénieur d’origine suédoise et de Geoge Hendee, représentant en bicyclettes. A partir d’un prototype conçu par Hedström, ils vont mettre au point la toute première Indian. Produite à Springfield dans le Massachussetts, la machine est fiable et s’écoule à près de 140 exemplaires en 1902. Trois ans plus tard, les ventes grimpent au point d’écouler 1200 exemplaires pour la seule année 1905.
Au coude à coude avec Harley-Davidson
Alors que Harley-Davidson n’en est qu’à ses débuts, les motos Indian font déjà parler d’elles en compétition. Très vite, les Indian vont se moderniser avec l’intétgration en 1907 d’une poignée d’accélération tournante. Cette même année, le construceur dévoile son premier V-twin de 640cm3 qui deviendra emblématique de la marque.
En 1911, Indian remporte le Tourist Trophy grâce aux performances du pilote Jacob DeRosier qui décèdera malheureusement en course quelques temps plus tard. Très affecté par la disparition du pilote, Hedström finira par démissionner.
Le départ de Hedstörm marquera la fin de l’âge d’or d’Indian. Parallèlement, la concurrence avec Harley-Davidson se fait plus pressante ce qui poussera Hendee à démissionner à son tour.
Avec l’entrée en guerre des Etats-Unis, Indian prend la décision de réserver sa production exclusivement pour un usage militaire ce qui amènera bon nombre de clients à se tourner vers les machines de Harley-Davidson alors disponibles aux civils. Bientôt, le réseau de revendeurs d’Indian finira lui aussi par tourner le dos à la marque, agacé par cette pénurie.

Un retour discret
En 1923, la marque revient doucement mais sûrement avec un modèle qui fera date, la V-twin 600 Scout qui sera suivi quelques temps plus tard par une autre machine d’exception, l’Indian Chief. En 1926, Indian s’intéresse au marché des petites cylindrées et lance une monocylindre nommée Prince. L’année qui suit, le constructeur rachète les actifs de l’Ace Motorcycle Company à l’origine de la quatre-cylindre Henderson. La mécanique de cette dernière sera logée dans un châssis inédit estampillé Indian, ce sera la Four.
Cependant, le marché de la moto décline et Indian tente alors de se diversifer dans la production de hors-bord, d’aéroplanes et dans les voiturettes. Ce sera un échec. La société sera mise à mal par la crise de Wall Street et changera trois fois de mains. Elle survit toutefois tant bien que mal jusqu’à la Seconde Guerre mondiale où l’armée française confie à la marque une commande de 5000 sides-car qui ne seront finalement jamais livrés, la France ayant déposé les armes plus tôt.
La lumière au bout du tunnel ?
A partir de 1948, Indian doit faire face à une concurrence tout aussi rude que celle de Harley-Davidson avec les BSA, Triumph et Norton. De plus, la qualité de fabrication n’est plus vraiment au rendez-vous. En 1952, Harley-Davidson écrase littéralement Indian dont le nom sera racheté par plusieurs usines. Toutes échoueront dans leur tentative de ressuciter la marque.
En 2004, Indian est rachetée par Stellican Limited, une société spécialisée dans la relance de marques anciennes. Deux ans plus tard, la Indian Motorcycle Company a posé ses valises à Kings Mountain en Caroline du Nord et se concentre sur la fabrication de motos de luxe dont certaines sont disponibles à la vente.
La renaissance sous Polaris
En 2011, la société devient une filiale de Polaris Industries qui possède déjà la Victory Motorcycles. Le retour du vieil indien est prévu en 2013. Indian s'installe alors à Spirit Lake, dans l'Iowa et renouvelle complètement sa gamme autour d'un tout nouveau moteur bicylindre : le Thunderstoke 111. Ce V-Twin à 45° et refroidissement par air de 1819 cm3 va alors propulser les Chief Vintage, Chief Classic et Chieftain.
Si ces modèles haut de gamme sont accueillis favorablement par le public, c'est le retour de la Scout, 70 ans après sa disparition, qui permet à Indian de voir ses ventes grimper. Plus moderne avec son V-Twin de 1.133 cm3 à refroidissement liquide, elle est aussi plus abordable. La marque va alors lancer de nouvelles références pour concurrencer son historique adversaire de Milwaukee à l'image de la Roadmaster et de la Springfield.
Indian surprend le monde en 2017 en réalisant, comme Harley, son retour dans les courses de Flat-Track avec une FTR750 uniquement dédiée à la compétition. Suite à cela, le constructeur développe une FTR 1200 qui se rapproche plus du roadster moderne que des cruisers habituels. La recette semble fonctionner, mais la réussite d'Indian se fait au détriment de Victory, arrêté par Polaris.
Les développements opérés pour cette dernière sont ainsi récupérés pour Indian, avec le moteur PowerPlus de 1.770 cm3 à refroidissement liquide qui servira à propulser la moderne Indian Challenger à partir de 2020. Ce bloc moderne va alors progressivement remplacer la Thunderstoke qui disparait en 2025 au même titre que la FTR. Cette année-là, Indian modernise ses plateformes Scout et Scout Sixty.
Un autre bouleversement intervient à l'automne alors que Polaris annonce la vente d'Indian à Carlwood LP à la veille du 125e anniversaire du constructeur américain. Un nouveau chapitre se prépare.




Commentaires
Une mise à jour s’impose !
04-12-2025 09:39