Essai moto QJMOTOR SRT 700 SX Touring
Etoile filante
Bicylindre en ligne de 689 cm3, 70 ch et 70 Nm, 243 kg, 8.249 euros
QJMotor est un acteur important sur le marché du véhicule avec plus d’un demi-siècle d’existence. Fondée en 1971, Qianjiang Motorcycle produit des motos en Chine depuis 1985. Propriété du groupe Geely, avec cinq filiales nationales, dix succursales, une filiale à l'étranger et plus de 14 000 employés, l'entreprise a créé QJMotor, KSR Moto et Keeway qui possède la marque italienne Benelli.

En 2025, QJMOTOR a enrichi toutes ses gammes distribuées en France, en retouchant sensiblement sa SRT700 SX Touring.
L'essai vidéo de la QJMOTOR SRT 700 SX Touring
Découverte
Inspirée de la nouvelle SRT600 SX, la 700 impose toutefois une plastique plus personnelle et finalement assez élégante. Avec surtout une rare vision personnelle du style, élément encore souvent « inspiré de…» chez QJMotor. Hors donc, point ou fort peu de copie ici. Au-dessus d’un court becquet, seule l’optique frontale à deux éléments superposés pourra évoquer les Suzuki V-Strom. Elle s’encadre d’originales lames de Leds diurnes placées sur les bords d’attaque de la tête de fourche. Une bulle aux volumes complexes, ajustable sur 80 mm, vient coiffer l’ensemble. Plus bas, de part et d’autre des épaulements se poursuivent en longues écopes aux teintes contrastées, protégeant le radiateur. Les volumes hauts encadrent et cachent un réservoir de 19,5 litres. Deux selles accueillantes attendent l’équipage. L’épaisse assise arrière se tient sur une boucle arrière légèrement gainée de solides platines aluminium, peintes en orange, intégrant les poignées de maintien passager. Impressionnant, mais certainement lourd. Le tout s’encadre d’une bagagerie complète en aluminium.

Le trail chinois repose sur un châssis en treillis tubulaire acier intégral. La géométrie est dynamique avec un angle de colonne de 25° et un empattement contenu de 1 510 mm.
Cette structure s’appuie sur un bicylindre en ligne de 698 cm3 (83 x 64,5 mm) à 8 soupapes animées par deux arbres à cames et manetons de bielle calés à 180°. Une architecture très classique et un poil vieillissante. L’injection EZ (émanation de Bosch pour la Chine) alimente le twin avec des corps d’injection papillonnés de 37 mm. Notez que le réglage du jeu aux soupapes, entrainées par godets, s’effectue tous les 24 000 km et évite le pastillage. Le twin développe 70 ch à 8 000 tr.min et 70 Nm de couple à 6 000 révolutions, des valeurs très standards. La boite est associée à un embrayage anti-dribble permettant d'empiler les rapports au rétrogradage.

Le trail s’équipe d’une électronique réduite avec une poignée des gaz commandée électroniquement qui autorise deux modes de pilotage (Normal et Sport), mais pas de contrôle de traction désactivable (offroad)…
Pour ses velléités offroad, la SRT700 SX arbore des suspensions de qualité, bien que limitées en capacité sur des sols trop cassants. Le train directeur repose sur une fourche inversée Marzocchi de 44 mm, coulissant sur seulement 150 mm. Elle est associée à un amortisseur de même origine, réglable en précharge et compression détente par une vis à la base du combiné. Monté en direct, il gère sur un court 155 mm les mouvements du joli bras oscillant profilé en boomerang.

Le freinage est plus convaincant. Des étriers avant à montage radial et quatre pistons attaquent des disques de 320 mm. La pince arrière mord une frette de 260 mm et le tout est sous contrôle d’un ABS désactivable à l’arrière.
En aluminium rayonné à montage tangentiel, les jantes de 19 et 17 arborent des valves coudées. Elles chaussent de qualitatifs Metzeler Tourance en 110/90 et 150/70. Des enveloppes largement connues, adaptées à la philosophie de la QJ.

Avec 234 kg prête à partir, la QJMotor SRT700 SX Touring fait sentir son poids rappelant sa conception économique. Toutefois, carters, platines et autres éléments métalliques arborent des surfaces sans défaut. Côté droit, le moteur est particulièrement élégant. Mais certains câbles et durites pourraient être mieux intégrés. De type shotgun,le silencieux à deux sorties est sympa, bien que planqué par la valise. Notez que la bagagerie aluminium de 112 litres (top case 45 L, valise droite 30 L et valise gauche 37 litres) est offerte. Un beau geste pour les voyageurs.

Valorisante, la Chinoise prétend bien plus en statique que sa cylindrée ne le laisse imaginer. La QJMotor est garantie 3 ans (pièces et main-d’œuvre) et les intervalles de maintenance sont de 6 000 km (inspection) et vidange à 12 000 km (huile, liquide refroidissement, de frein...).
En selle
Si l’encolure de la SRT700 SX Touring parait haute, le trail place sa selle à seulement 825 mm du sol. Étroite elle se fait accessible pour de nombreux gabarit, mais le bidon parait fort proéminent face au pilote. Toutefois, on bénéficie d’un recul supérieur à celui de la SRT600 avec des genoux en appui sur des caches dédiés. Les repose-pieds dans l’axe du bassin et des jambes naturellement fléchies contribuent à une position détendue. Agréables, les volumes du réservoir écartent à peine les jambes.

Cependant la position de pilotage représente vite le point d’achoppement principal de ce modèle. Le large guidon arbore des cornes très marquées qui relèvent étrangement les mains. Le pilote doit alors adopter une posture peu naturelle au niveau des membres supérieurs. En revanche, les jambes bénéficient d’une flexion correcte, les bottes sur des repose-pieds gainés.
On déplore également les commodos, certes partiellement rétroéclairés, mais peu qualitatifs en ressenti, au style de jouets en plastique. Mais on retrouve les solides protège-mains de la 600, constitués d’une solide barre d’acier entouré de déflecteurs en plastique.
La SRT700 reprend, hélas, l’écran TFT de 7 pouces de la SRT600. L’ensemble est moins agréable que sur la sportive, d’ergonomie et graphismes datés et trop confus en usage. La luminosité adaptable automatiquement, la dalle affiche rapport engagé et compte-tour barregraphe dominé par le tachymètre. À gauche, une jauge de carburant et de température moteur. Mais on y trouve aussi la pression des pneus via le TPMS et … leur température ! L’affichage propose fond sombre ou blanc, ce dernier est plus agréable et idéal pour éviter les reflets.

Le dispositif se connecte à votre téléphone en Bluetooth et propose une navigation par application Carbit ride. Enfin, les leviers sont ajustables en écartement, le frein est à commande radiale et deux ports (USB-A et C (5A)) se trouvent à gauche de l’écran. En revanche la prise 12 V n’est pas disponible.
En ville
Équilibrée, la SRT700 SX Touring se faufile aisément dans le trafic et se fait réactive aux injonctions du pilote. Mais, dès ces premières évolutions, son twin à 180° se fait moins disponible que celui de la 600. Le bloc rechigne à évoluer sous 2 500 tours au légal urbain en cinquième. Certains aimeront ce caractère un peu marqué, mais, en ville, la mécanique manque un peu de feutré. Très souple l’embrayage s’unit à une sélection précise et à une boite rapide secondant cette mécanique agréable. De même, l’injection assure des remises de gaz progressives et le trail bénéficie d’un bon rayon de braquage (5 mètres). Globalement agréable et efficace, la QJMotor s’affranchit du quotidien. Ses qualités de voyageuse s’apprécient cependant sur des univers moins contraints.

Autoroute et voies rapides
Les 70 ch du trail chinois dynamisent agréablement les longs trajets. On accroche facilement les 180 km/h. Placée près de 30 unités plus hautes, la vitesse de pointe - sans bagagerie - demande un peu plus d’espace pour être atteinte. Au légal autoroutier sur le dernier rapport, le bicylindre affiche 6 200 révolutions-minutes et les vibrations se font sensibles. À nouveau, l’architecture à 180° ne donne pas le même agrément et filtre moins la résonance mécanique.
Meilleur point, la protection est très correcte. Corps et jambes sont abrités par les volumes de la machine, le flux d’air bien dévié par la bulle ajustable. Les épaules restent soumises à la pression dynamique et les bottes seront plus exposées en cas de pluie en l’absence de sabot.

Précise, la SRT700 SX garde son cap même avec sa bagagerie. En cas de fraicheur sur le parcours, on actionnera les poignées chauffantes, un peu timides, ET la selle chauffante ! Mais on regrettera l’absence de régulateur de vitesse qui pousse à rejoindre le réseau secondaire.
Départementales
Le trail midsize aime à musarder, mais aussi à se divertir en parties de campagne dynamiques. La démultiplication en 14x46 permet de relancer facilement la machine qui vrombit avec vigueur. Volontaire, le twin de la SRT700 SX active joyeusement le trail dès 5 000 tours sur les intermédiaires, mais donne son meilleur après 6 500 révolutions, au maximum de sa force. Il ne rechigne aucunement à monter à l’assaut du compte-tour où il se fait démonstratif et aime à être cravaché pour aller chercher ses 70 ch à 8 000 tours. On apprécie la personnalité expressive de cette mécanique, mais moins les vibrations que le twin exerce sur une plage assez large. Cette vie mécanique, sans être désagréable, n’est pas séduisante. La QJ sonne bien en revanche et pousse le pilote à garder le rythme. D’autant que la force de freinage est étonnante en dépit d’un ABS qui pourrait se montrer moins intrusif et plus constant dans sa mise en oeuvre. Également, la sélection manque parfois de précision au rétrogradage et l’antidribble est perfectible.

Agile, réactive aux appuis guidon et repose-pieds, la SRT700 SX fait ressentir une légère inertie sur les changements d’angle rapides. Mais en dépit de cette hydraulique trop libre et d’un train directeur qui manque de précharge, la tenue de cap reste saine et précise. Car les éléments Marzocchi ajustables permettent permette de corriger le comportement du trail. Ainsi, il permet un pilotage soutenu et ne se raidit pas à la prise des freins en virage. Dommage l’ergonomie des poignées grève à nouveau l’aisance au guidon.
La machine plonge assez naturellement en courbe et se fait stable sur l’angle. On y conserve facilement un filet de gaz avant de relancer le trail, sous contrôle de l’antipatinage qui encaisse correctement les 70 Nm de couple. Ceux-ci passent sans mal à l’enveloppe arrière dont la largeur en 150 mm contribue à l’agilité. Les Metzeler se révèlent performantes à tout moment, même sur bitume humide. Un peu rigide, leur remontée d’informations depuis le train directeur n’est pas optimale, mais ils délivrent un toucher de route honnête.

On pourra aussi sortir sur chemin facile sans crainte. Mais guère plus. En dépit d’une respectable garde au sol de 210 mm, le débattement réduit et l’absence de sabot moteur limiteront les velléités tout terrain. Très exposés et peu gracieux, les collecteurs nécessitent vraiment la pose d’une protection basse.
Partie-cycle
Avec son châssis treillis rigide et une géométrie compacte, la SRT700 SX Touring dispose d’une bonne agilité. Qualitatives, ses suspensions lui conservent des évolutions honnêtes à tous moments.

Freinage
On retrouve sur la SRT700 les mêmes points que ceux de la 600.Très puissantes, les pinces avant demandent un peu d’habitude pour délivrer un freinage plus modulé. De même, l’arrière se montre un peu intrusif et la pédale mériterait une course un peu plus longue. L’ABS nécessiterait un ajustement et témoigne d’un système d’entrée de gamme.

Confort/Duo
Pilote et passager disposent d’un bon espace et de selles confortables. L’accompagnant est particulièrement bien accueilli, son assise souple et dense et les généreuses poignées aident à sa sérénité. Souple, l’amortissement participe au confort.

Consommation
Non mesurée
Conclusion
Contrasté, tel est le bilan au guidon de la QJMotor SRT7000 SX Touring. La machine délivre des performances honnêtes, mais avoue une conception d’ensemble trop datée. Moins agréable mécaniquement que la 600, moins bien équipée, elle pâtit d’une ergonomie de guidon perfectible. Certes, on pourra résoudre ce point et le moteur délivre de plus grandes performances. Mais la séduction parait moindre. D’autant que la 700 s’affiche à 8 249 €, soit 1 350 € de plus que sa dauphine.

C’est peut-être sa plus grande concurrente avec celle de la compatriote Zontes 703 F. Le trois cylindres de ce, lourd, trail est autrement plus plaisant, ses capacités routières et offroad correctes pour un tarif de… 8 000 € ! On citera bien sur la Suzuki 800 V-Strom, 10 699 € et la Yamaha T7, 11 199 €, des voyageuses capées mais moins bien équipées.
La QJMotor reste tentante pour les voyageurs qui préfèrent l’économie aux machines plus ostentatoires et frugales. Joliment dessinée, ses défauts seront peut-être les qualités que vous lui trouverez.
Points forts
- Esthétique séduisante
- Équipements valorisants
- Caractère moteur
- Agilité
- Sonorité
Points faibles
- ABS un peu intrusif
- Indications des instruments petites
- Interface-écran moyenne
- Moteur moins souple
- Collecteurs très exposés et vilains
- Commodo datés
- Ergonomie du guidon
La fiche technique de la QJMOTOR SRT 700 SX Touring
Conditions d’essais
- Itinéraire : routes sinueuses à revêtement variable.
- Météo : soleil, 8 à 20°C.
- Kilométrage de la moto : 150 km
- Problème rencontré : ras
Disponibilité / prix
- Coloris : Noir, Gris/rouge
- Prix : 8.249 euros
Equipement de série
- Ecran TFT 7 pouces connecté
- Commodos rétroéclairé
- USB-C et A
- Leviers ajustables
- Poignées & selle pilote chauffantes
- Capteur de pression TMPS + Température
- Valises +Topcase aluminium
Équipements essayeur
- Casque HJC Rpha 71
- Blouson Detlev Louis
- Jean Vanucci Armalith
- Basket Detlev Louis
Commentaires
Pourquoi mettre "sonorité" dans les qualités alors que dans la vidéo il est dit "chant pas très harmonieux".
23-07-2025 14:18À part les pneus et les suspensions qui proviennent de fournisseurs de qualité je ne vois pas d'intérêt à cette machine, et avec son angle de colonne fermé ce porte container chinois risque de provoquer des frayeurs à l'abord de turbulences lors de trajets sur voies rapides...
Ce style est toujours aussi moche, mais bon, à chacun ses gouts et ses égouts...
23-07-2025 17:42Moi, je ne vais pas d'office critiquer une moto parce qu'elle vient de l'empire du milieu , je ne comprends pas ce raisonnement .
23-07-2025 19:39je regarde les essaies , je compare par rapport aux modèles concurrents et je vais chez le revendeur me faire une idée et l'essayer pour voir si elle correspond à mes attentes .
dans tous les cas on ne peut nier le progrès effectué par les marques chinoises comme par exemple ces qjmotor srt et la 600 sx en particulier .
"Moi, je ne vais pas d'office critiquer une moto parce qu'elle vient de l'empire du milieu , je ne comprends pas ce raisonnement".
24-07-2025 20:42Le problème est que bientôt au train où ça va tout viendra de l'empire du milieu.
Pendant ce temps nos usines ferment, nos villages se vident des commerces et de leurs habitants.On se bat pour avoir des médecins qui ne veulent plus venir dans un quasi désert et les services publics disparaissent.
Bientôt la France sera devenue une immense zone de fret.