Histoire de pilote : Bruno Ruffo
Le premier champion 250 GP de l'histoire
Champion du Monde 125 (1950) et 250 (1949, 1951)
Bruno Ruffo est un ancien pilote de vitesse moto italien et fut couronné à plusieurs reprises lors des toutes premières saisons des Championnats du Monde.
Né le 9 décembre 1920 près de Vérone, Bruno Ruffo débute les courses moto dès 1937 où il apparait lors d'une épreuve locale au guidon d'une Miller 250. On le voit l'année suivante sur une course de côte, puis la moto est mise entre parenthèses alors qu'il est appelé lors de la Seconde Guerre Mondiale et envoyé sur le front russe.
Après le conflit, Ruffo reprend vite la moto. Il s'achète une Moto Guzzi 250 dès l'été 1945 et s'impose dans plusieurs épreuves nationales. La saison suivante, il remporte le championnat cadet en s'imposant lors de neuf des onze courses de l'année. Ce succès lui permet de rouler dans la catégorie principale en 1947 et 1948, toujours sur sa Guzzi quart de litre en tant que pilote privé. Il remporte le Grand Prix des Nations à Faenza.
Ses bons résultats attirent l'attention du constructeur de Mandello del Lario qui l'invite à rejointe son équipe-usine pour la saison 1949 qui marque officiellement la naissance du Championnat du Monde moto. Les débuts sont parfaits pour l'Italien qui s'impose dès le Grand Prix de Suisse avant de finir second à Ulster et quatrième à Monza. Sa régularité lui permet de remporter le tout premier titre de Champion du Monde 250 GP devant Dario Ambrosini sur Benelli et Ronald Mead sur Norton. Il remporte aussi le championnat d'Italie dans la même catégorie.

L'année suivante, suite à des désaccords administratifs, Moto Guzzi réduit son implication en compétition et autorise Ruffo à participer aux championnats avec d'autres marques tout en conservant son contrat. Pour ne pas entrer en concurrence avec son employeur, il prend le guidon d'une Mondial dans la catégorie 125 cm3. Là encore, il s'impose immédiatement en remportant le Grand Prix des Pays-Bas, puis récidive avec un podium en Irlande du Nord et une 4e place en Italie. Après Nello Pagani l'année précédente, Bruno Ruffo offre à Mondial son deuxième titre de Champion du Monde 125 cm3.
Toujours engagé avec une Guzzi en 250 GP, il parvient à conclure la saison à la troisième place en ne réalisant qu'un unique podium lors du Grand Prix de Suisse.
En 1951, le constructeur revient pleinement aux affaires dans la classe intermédiaire. Ruffo connait un début de saison compliqué malgré un nouveau podium en Suisse. Mais il termine la saison en fanfare en remportant le Grand Prix de France, disputé cette année-là sur le circuit d'Albi et l'Ulster GP puis en terminant troisième à Monza. Il coiffe son coéquipier Tommy Wood au poteau et remporte son troisième titre de Champion du Monde, le deuxième en 250 GP. Également engagé en 500GP avec la Bicilindrica, il n'inscrit que 2 points après sa 5e place au Grand Prix des Nations. Il est sacré champion d'Italie 250.

L'année suivante, Ruffo rate le podium en Suisse pour la première fois, mais se rattrape en inscrivant des points sur le Tourist Trophy et en terminant deuxième du Grand Prix des Pays-Bas. Sur un bon rythme en Allemagne, il mène la course, mais suit la consigne de l'équipe et laisse passer son coéquipier Enrico Lorenzetti dans le dernier tour. Ce dernier se manque et entraine la chute de Ruffo qui se blesse et manque la fin de la saison. Lorenzetti décrochera le titre.
Toujours au guidon d'une Guzzi 250, il participe à quelques courses en début de saison, mais connait un grave accident lors des essais du Tourist Trophy. C'est la chute de trop, Ruffo décide d'abandonner la compétition moto et se tourne alors vers l'automobile où il sera pilote d'usine pour Alfa Romeo et Maserati. Après plusieurs podiums, un nouvel accident en 1958 le poussera à arrêter définitivement les sports mécaniques.
Durant sa carrière, Bruno Ruffo a également établi 61 records du monde de vitesse avec Moto Guzzi. Il fut nommé Cavaliere dell'Ordine al Merito della Repubblica Italiana en 1955 et Commendatore dell'Ordine al Merito della Repubblica Italiana en 2003 aux côtés d'autres pilotes motos, dont Giacomo Agostini, Pier Paolo Bianchi ou Carlo Ubbiali. Il décède le 10 février 2007, à l'âge de 86 ans, à Vérone.
Commentaires