Essai 3-roues Can-Am Canyon
Le trois roues qui se prend pour un 4x4
Moteur 3 cylindres Rotax 1330 Ace, 115 ch et 130 Nm, 452 kg, à partir de 27.899 euros
Le 3-roues Can-Am, c’est un peu l’anti-moto. Nous sommes aujourd’hui au guidon du Canyon motorisé par Rotax, le modèle tous chemins est moins cher que son équivalent routier. Certains disent qu’on a tous les désavantages de la moto avec tous les désavantages de la voiture, mais n’a-t-on pas alors tous les avantages des deux véhicules ? Essai !

L'essai vidéo du Can-Am Canyon
Découverte
Le Canyon, c’est l’équivalent de la moto trail, un peu SUV. Il reprend la base d’un Spyder, véhicule routier, mais avec un style d’aventurier. C’est vrai qu’il est plus haut, gagne 5,4 cm de garde au sol (donnée à 169 mm) et ses suspensions ont de grands débattements. Avec ses valises en aluminium, il nous fait penser à une BMW GS. Bon, c’est vrai que ça n’a rien à voir, mais c’est l’esprit qui transpire de l’imaginaire des responsables marketing de la marque.

L’avant du véhicule, plus compact, ne propose pas de coffre. Le poste de pilotage est également moins protecteur, mais on y trouve de série une bulle réglable (manuellement). La grille de radiateur en nid d’abeille confirme la modernité du style, tandis que les flancs aux volumes anguleux peuvent faire penser à la 1300 GS Adventure, dont le look est clivant depuis sa présentation. Pour nous, le design est réussi, on garde l’esprit 3-roues sans le côté « plan-plan ».

En selle
L’assise de ce Can-Am, c’est comme une Goldwing : une sorte de canapé ! Reste que, par les températures supérieures à 25°C, on sent que la selle communique un peu de la chaleur du moteur. La faut de la norme Euro 5+ ? Au guidon, on retrouve l’instrumentation TFT couleur de 10,25 pouces disposant de CarPlay (mais pas Android Auto et uniquement en USB type A !) dont l’interface est très claire, mais pas très rapide à réagir. En plus, les différentes sécurités obligent à maintenir le frein, la poignée d’accélérateur vers l’avant, ou un mix des deux pour démarrer ou passer la 1re. En cas d’arrêt répété, on aurait aimé plus de fluidité.

Si la position est assez naturelle pour les bras grâce au guidon haut, les jambes sont en revanche très écartées sur les repose-pieds. La position assise n’est pas fatigante, mais on le sent plus quand on se met debout.
En ville
Les zones urbaines avec un trafic dense sont l’ennemi du Canyon. On s’y sent coincé comme dans une voiture, sans en avoir le confort et l’isolation phonique. Les embouteillages et la ville sont une tannée de façon générale en 3-roues et ce nouveau Can-Am n’y échappe pas. Ceci étant, la direction assistée rend l’engin facile à manœuvrer et la marche arrière permet de faire des créneaux en toute simplicité. Pour peu que vous ayez cassé la tirelire avec la version Redrock (34 899 €), vous avez même une caméra de recul. Un vrai SUV, on vous dit !

Autoroute et voies rapides
À 4300 tours minute, l’afficheur indique 130 km/h. Le pare-brise haut n’empêche pas toutes les turbulences, mais on se voit bien mettre le régulateur et la musique dans l’intercom pour tailler de la borne. Avec la capacité d’emport et le siège passager plus confortable que la plupart des motos, on fait de l’autoroute en duo chargé sans problème. Seule la consommation pourra ralentir (voir section dédiée).

Départementales
Les départementales sont vraiment le meilleur terrain goudronné pour le Canyon. Même si la largeur empêche de prendre les trajectoires comme à moto, on peut utiliser la largeur de la route pour bien s’amuser et mettre les roues avant en contrainte. Gare à ceux qui voudraient faire ripper les pneus, car le système de contrôle de la stabilité coupe instantanément l’accélérateur, ce qui surprend et n’aide pas forcément à rattraper la machine…

Au légal, le 3 pattes Rotax tourne à 3 300 tr/min sur le 6e rapport. Un rythme appréciable qui permet d’enrouler facilement et offre de bonnes reprises au besoin. Le rétrogradage est facile grâce à la gâchette située sous le commodo gauche et la boîte-embrayage robotisés est douce à la descente. On aurait quand même aimé une technologie plus moderne, comme une boîte double embrayage (DCT) pour gagner en fluidité à la montée. Comme Rotax maitrise déjà cette techno pour d’autres usages récréatifs, pourrait-on l’avoir sur le prochain modèle ?

Pistes carrossables
Dès qu’on passe sur du gravier, c’est la fête ! On peut passer le mode Rally en roulant, ce qui désactive le contrôle de traction. La roue arrière patine sur les premiers rapports malgré les pneus à profil plat légèrement sculptés. La machine nous épate sur les premiers kilomètres, mais bloque quand on veut attaquer plus fort et mettre en travers l’arrière pour faire pivoter l’engin. L’électronique panique et à nouveau, coupe tout ! La version Redrock avec les suspensions pilotées en mode Sport+ permet de limiter un peu ce comportement, en améliorant le maintien latéral. Quel dommage que Can-Am n’ait pas prévu un mode pour les baroudeurs expérimentés, avec une vraie désactivation de l’électronique ! D’un autre côté, arsouiller comme ça sur piste dépasse l’usage prévu… C’est notre côté « bad boy ».

Partie cycle
Sur la même base que les Spyder F3 et RT, le Canyon offre donc un châssis en forme de Y avec un bras oscillant pour la roue arrière de 15 pouces. Les deux roues avant de 16 pouces sont chacune équipées d’un amortisseur individuel. Une telle structure permet une stabilité naturelle et un excellent comportement anti plongé au freinage, mais le transfert de masses peut faire ripper les roues avant quand on force sur la direction en conduite sportive. Pour un usage balade, le Canyon vire de bord facilement et sans effort grâce à la direction assistée. Bien calibrés sur la version Standard, les amortisseurs pilotés de la version Redrock offrent une large plage de réglage ressenti, du « Confort » pour la route à « Sport+ » pour arsouiller !

Freinage
Can-Am x Brembo, ça vous parle ? Nous non plus, mais c’est bien des étriers Brembo qui équipent ce 3-roues. Sur chacune des roues, des disques de 270 mm sont installés et des étriers Brembo 4 pistons s’occupent de les pincer à l’avant. Comme le système est centralisé via une pédale au pied droit, on ne s’occupe de rien. L’attaque du système n’est pas stupéfiante, mais la capacité de ralentissement est bien là quand on plante sec. Le tout est surveillé par un ABS combiné au SCS (contrôle de stabilité) pour que tout se passe comme prévu. Réflexe instinctif, on aurait bien ajouté un levier au guidon pour la commande de frein, histoire d’avoir plus de réactivité en tout-terrain, quand le pied ne peut pas rester au-dessus de la pédale en permanence.

Confort / duo
Comme le Spyder RT, le Canyon taille la route à deux sans problème. On préfèrera la version XT (32 899 €) qui est déjà équipée des valises en aluminium, d’un amortisseur autonivelant à l’arrière et de poignées chauffantes. Sans ça, on sera quand même bien loti avec de larges selles confortables (chauffantes en option).

Au vent, la bulle réglable en roulant via une molette protège correctement. Le haut du casque est presque épargné, mais les épaules restent exposées, comme le guidon avec des pare-mains très fins. On n’est pas au niveau du Spyder ST Sea-to-Sky (36 299 €), mais avec une température supérieure à 20° C, on conserve du confort même avec un habillement léger.
Consommation
Annoncé à 7,2 L/100, sur notre essai, le Canyon affichait 7,9 L/100 km au tableau de bord. Pas le plus gourmand du groupe, car certains ont allégrement dépassé les 8 litres sur le même parcours. Le moteur Rotax de 1330 cm3 qui est conforme à Euro 5+ depuis cette année n’est pas des plus économiques, mais sa consommation reste contenue au vu du poids à déplacer et de la conduite sportive adoptée. Le réservoir de 27 litres autorise un rayon d’action de 300 kilomètres avant de passer à la pompe.

La première révision est prévue par Can-Am à 5 000 km, puis tous les 10 000 kilomètres, ou un an selon la première échéance. Le Can-Am Canyon est garanti deux ans, comme les autres modèles de route de la marque.
Conclusion
Pour un véhicule 3-roues, le Canyon nous a séduits par son prix d’appel et son look assurément plus moderne. Loin de l’image « quinqua » des autres gros modèles de la gamme, on peut vraiment s’amuser sur des pistes non revêtues et voyager confortablement avec une stabilité étonnante. Quel dommage que certaines assistances électroniques ne soient pas désactivables ! Mais si on devait choisir entre un Can-Am Canyon et un Yamaha Niken… On prendrait quand même la deuxième rien que pour pencher. À coup sûr tout le monde ne partage pas notre avis. Pour en avoir le cœur net, aller l’essayer !

Points forts
- Stabilité et confort
- Capacité d’emport
- Possibilité de tous chemins
Points faibles
- Consommation un peu élevée
- Assistances trop intrusives
- Prix élevé en version XT ou Redrock
La fiche technique du Can-Am Canyon
Conditions d’essais
- Itinéraire : Plus de 200 kilomètres au départ d’Aix-en-Provence vers le lac Sainte-Croix, puis une nuit en bivouac à Valensole.
- Météo : 20 à 27 °C par temps ensoleillé, une averse sur la route retour.
- Problème rencontré : aucun
Disponibilité / prix
- Coloris : gris (Canyon et Canyon XT) ou vert (Canyon Redrock)
- Prix : à partir de 27 899 €
- Disponibilité : immédiate
Équipement de série
Standard | XT | Redrock |
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Équipement essayeur
- Casque Arai Quantic
- Gants Five RS3 Denim
- Blouson Dainese
- Chaussures Helstons Messenger
Commentaires
Autant la Yamaha Niken est à essayer ( comportement de moto) avec son avant rivé à la route ( l'arrière peut se mettre en glisse) et sous la flotte c'est génial ( comme avec du gravillon), ça prend de l'angle sans arrière pensée.
20-08-2025 10:02Autant les can am c'est un tricycle, ça vire à plat, c'est large, ça passe nulle part, et c'est impossible à mettre en glisse avec les "sécurités". Bref c'est chiant et cher. Permis voiture en plus.
À part le guidon....
Un engin de ballade nez au vent, stable, c'est une déclinaison des cycles cars qui eux sont plus délicats et fun.
+1
20-08-2025 14:38J'aurais tendance à être d'accord avec l'un des commentateurs de l'essai sur YouTube : un petit cabriolet biplace japonais, d'occase récente, est plus pratique, plus fun, et on n'a pas besoin de porter un casque.
20-08-2025 20:21Effectivement...j'en ai un quia plus de 25 ans et qui tourne comme une horloge ! Par contre faut pas rêver aller dans les chemins avec...
21-08-2025 11:18Si ça se vend si bien c'est qu'il doit y a voir un intérêt réel. Et ça fait moins tricycle pour adulte qu'un trike.
21-08-2025 18:27Il faudra que j'essaye un jour
Je confirme. J’ai essayé les 2. Niken 2 fois, j’ai adoré au point d’avoir été très proche d’en acheter une. Le Can-Am Spyder avec le même 3 cylindres 1300 à boîte semi-automatique (pas terrible par ailleurs) que la version tout-chemin essayée ci-dessus. Bel engin, imposant, très original, mais aucun rapport avec une moto et pas vraiment plaisant à conduire. Clairement pas pour moi. 22-08-2025 08:01
Je confirme pour l avoir essayé en version routière à l alpes festival de Barcelonette avec un groupe supervisé par un ouvreur pas manche du tout que pour se tirer une bourre de barge ça le fait très très bien ..faut juste chopper la confiance et quand ça vient ..ben gaz et la multitude de virolos pris au taquet n ont jamais mis en défaut la tenue de route ..franchement ça m a éclaté car oui y a du pilotage physique et éprouvant d avoir roulé comme ça ..mais ça restera un excellent souvenir..c était une version plus basique de l’engin en monoplace.avec l autre moteur moins gros et en 3 cylindres .. l,expérience et la différence en vaut la peine ..en mode cool je sais pas par contre
23-08-2025 23:38Quelle horreur ! Mais qu'est-ce que cette poubelle fait là ???
28-08-2025 17:02Un tricycle, c'est pas une moto !!!Beurk